Ce risque veineux est appelé thrombophilie. Cela signifie « tendance à fabriquer des caillots ou des thromboses dans les veines ».

Le diagnostic

Il est porté devant :

  • Une histoire personnelle ou familiale dans laquelle on retrouve des phlébites ou des maladies thrombo-emboliques certaines. Sont considérées comme suspecte de thrombophilie les personnes ayant eu des phlébites ou des thromboses à répétition, survenues avant l'âge de 45 ans et localisées ailleurs que dans les membres inférieurs.
  • Autre critère de suspicion : la mise en évidence de facteurs biologiques de risque bien identifiés (déficit en Antithrombine, déficit en Protéine C, déficit en Protéine S, facteur V Leiden, facteur II 20210A, syndrome des anticorps anti-phospholipides, hyperhomocystéinémie).

Les facteurs de risque

La maladie thrombo-embolique veineuse (MTEV) est rare chez la femme enceinte et ne concerne que 1 grossesse sur 1000. Toutefois la grossesse est en elle-même une situation qui expose 5 fois plus les femmes enceintes que la population féminine non enceinte. Les causes sont la compression des veines par l'utérus, et des troubles de la coagulation. Le risque est particulièrement élevé dans les jours qui suivent l'accouchement.

Les facteurs de risque sont les suivants :

Mesure du risque

Risque faible

  • Moins de 35 ans
  • Aucun facteur de risque associé

Risque modéré

  • Antécédents de MTEV avec facteur déclenchant et sans facteur biologique de risque
  • MTEV familiale
  • Césarienne en urgence
  • Age supérieur à 35 ans
  • Obésité, varices ou hypertension
  • Plus de 4 grossesses, prééclampsie, alitement prolongé
  • Autre maladie comme syndrome néphrotique

Risque élevé

  • Antécédents de MTEV sans facteur déclenchant, avec ou sans facteur biologique de risque
  • MTEV familiale

Risque majeur

  • Personne sous anticoagulants avant la grossesse
  • Déficit en antithrombine
  • syndrome des anticorps anti-phospholipides

Les traitements

Les médicaments

Pour éviter la MTEV, les médecins disposent :

  • De l'héparine non fractionnée qui est un anticoagulant, délivré par voie intraveineuse ou sous-cutanée.
  • De l'héparine de bas poids moléculaire
  • Des héparinoïdes
  • Des antivitamine K qui sont interdits entre la 6ème et la 12 semaine de la grossesse. De plus ils sont interdits en fin de grossesse. Donc ce type de médication n'est pas autorisé en France pour ce type de problèmes.

Les protocoles

  • Risque faible : pas de traitement systématique. Simple surveillance.
  • Risque modéré : pas de traitement anticoagulant. Mise sous héparine de bas poids moléculaire, jusqu'à 6 semaines après l'accouchement.
  • Risque élevé : Héparine de bas poids moléculaire au 3ème trimestre et ce jusqu'à 6 semaines après l'accouchement
  • Risque majeur : héparine non fractionnée au 1er trimestre, puis héparine de bas poids moléculaire au 2ème et 3ème trimestre. Puis antivitamine K 3 mois après l'accouchement.
    Le traitement est mis en place pour toutes les femmes à risque majeur, élevé ou modéré

Recommandations

  • Les recommandations de grade A sont fondées sur des preuves scientifiques établies par des études à « fort niveau de preuve ». La preuve est donc quasi certaine.
  • Les recommandations de grade B sont fondées sur des présomptions scientifiques établies par des études à « niveau de preuve intermédiaire ». La preuve n'est donc pas faite, mais de nombreux arguments plaident en faveur de cette recommandation.
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