Essayer d’abord de comprendre l’origine.
La tension nerveuse et la migraine banale sont le plus souvent accusées injustement.
En montagne, d’autres causes sont plus fréquentes.
Maux de tête en phase d’acclimatation : Mal aigu des montagnes (MAM)
C’est la première origine à évoquer quand le mal de tête survient au début du séjour en altitude, pendant la phase dite d’acclimatation.
Le MAM peut apparaître à partir de 2 500 mètres d’altitude.
Il est intense et maximum la nuit et le matin.
Il a tendance à s’atténuer lorsque l’on s’applique à bien ventiler, en particulier dès la reprise de la marche.
Il peut s’accompagner de nausées, de vomissements, voire de signes neurologiques surprenants comme des vertiges ou des hallucinations qui sont de mauvais augure.
Maux de tête prédominant au niveau du front + nez qui coule +/- fièvre : Sinusite
Les sinus (cavités osseuses situées au niveau du front et du nez) peuvent être responsables de maux de tête en altitude à cause des variations de pression.
Le plus souvent ce sont les sinus maxillaires (sous les orbites) qui sont enflammés et/ou infectés, ce qui obture leur communication naturelle avec les fosses nasales.
En altitude, la pression de ces cavités inextensibles ne peut plus s’équilibrer avec la pression extérieure qui diminue. C’est très douloureux !
- Décongestionnant : pseudo éphédrine (RHINADVIL) ou, plus fort, oxymétazoline (ATURGYL)
- Antalgique : aspirine, paracétamol, tramadol.
- Anti-inflammatoire stéroïdien : prednisolone (SOLUPRED)
- Si les symptômes persistent : amoxycilline (CLAMOXYL) ou pristinamycine (PYOSTACINE) si allergie pénicilline.
Maux de tête + fièvre + douleur dans les articulations : Grippe ou état grippal
La grippe est une affection plutôt rare en altitude. Elle est due à un virus (myxovirus influenza) Son caractère contagieux est plus virulent en milieu urbain du fait de la promiscuité des populations.
La grippe se traduit principalement par des maux de tête, une fièvre brutale, une toux sèche au début qui peut se surinfecter dans les 48 heures.
S’y associent une grande fatigue et des douleurs dans les muscles et les articulations.
En principe, le traitement ne requiert pas d’antibiothérapie, mais en expédition, si la toux devient grasse et si les signes ont du mal à s’amender, on peut y être amené.
- Antalgique : aspirine, paracétamol.
- Décongestionnant : pseudo éphédrine (RHINADVIL) si rhinite associée.
- Clobutinol (SILOMAT)
- Si les symptômes persistent : amoxycilline (CLAMOXYL) ou azithromycine (ZYTHROMAX) si allergie pénicilline.
Affection chronique : Migraine
Il est rare que la migraine ne soit pas connue du patient avant de monter en altitude. Celui qui se sait migraineux doit être averti que les crises sont souvent plus fréquentes en altitude. Certaines peuvent même être accompagnées de signes neurologiques, comme des hallucinations visuelles et/ou des vomissements.
Le traitement spécifique n’étant pas prévu dans la trousse médicale, il est préférable que celui-ci soit emporté par le patient lui-même. Dans le cas contraire, les antalgiques classiques constituent l’unique alternative.
- Antalgique : aspirine, paracétamol, tramadol.
- Anti-inflammatoire : kétoprofène (PROFENID)
- Triptan et dérivés (sumatriptan)