Votre question
Je suis porteur de cet
antigène. J'ai reçu, dans les années 70 suite à un don de sang, une carte spéciale avec comme indication "antigène australia".
On ne m'a jamais mis en garde
contre une éventuelle transmission sexuelle ou autre.
Je voudrais savoir les risques de transmission par
la salive : baiser, boire dans un même verre, utiliser une même cuillère....etc.
Je suis de sexe mâle, hétéro.
Merci de votre réponse
Cordialement.
La réponse de notre spécialiste
Bonjour,
La recherche de l'antigène Australia était en effet dans les années 70 l'un des seuls moyens pour authentifier de façon certaine l'hépatite B dans
le sang. Cela signifie qu'à l'époque où vous avez donné votre sang, vous étiez déjà contaminé par l'hépatite B, ce qui a expliqué que l'on vous ait donné cette carte spéciale. Il est vrai qu'à l'époque, l'hépatite B était une toute nouvelle maladie, et que l'hépatite C par exemple était inconnue. De même, on ne connaissait pas bien à l'époque la façon dont cela se transmettait.
Actuellement, on sait que la transmission du
virus se fait par plusieurs voies :
1. Voie sanguine : comme vous ne donnez plus votre sang, je suppose, il n'y a pas de risque pour les autres. De même, si vous n'êtes pas toxicomane par
voie intraveineuse et si vous n'échangez pas vos seringues avec d'autres, il n'y a aucun risque. Le risque est surtout pour le personnel médical qui vous soigne si par malchance un médecin ou une infirmière se piquait avec une aiguille qui a servi à vous faire une injection ou à vous prélever du sang.
2. Par voie sexuelle : si vous utilisez des préservatifs, le risque que vous transmettiez le
virus est nul. Si ce n'est pas le cas, le risque dépend de vos
pratiques sexuelles : comme vous êtes hétérosexuel, le risque est moindre que si vous étiez homosexuel. Mais plus vous avez des partenaires multiples, plus vous augmentez le risque qu'une femme, moins résistante au
virus l'attrape au cours d'un rapport. Ce risque est réel, mais il est toutefois faible. Les pratiques comme la
sodomie sont plus risquées que la pénétration vaginale. Le cunnilingus, anulingus, fellation, etc. ne présente pas de risque.
3.
La salive ne transmet pas le
virus. Le risque n'est que théorique : il faudrait que la personne que vous embrassez vienne de se mordre la
langue jusqu'au sang juste auparavant. Donc en pratique, risque nul.
4. La nourriture par les cuillères, verre, etc. : risque nul.
5. Enfin, il faut savoir que 90% des hépatites B guérissent. La disparition de l'antigène australia signe la guérison, et donc l'absence de risque de
contamination des autres.
Au total, en raison de cette affection de plus de 30 ans, il est vraisemblable que le risque est inexistant. Toutefois, ce que je vous conseillerais, c'est de faire un
bilan sanguin de l'hépatite B pour voir où vous en êtes, et si vous avez des partenaires multiples, d'utiliser les préservatifs, car il n'y a pas que l'hépatite B.
Je reste à l'écoute pour précisions si nécessaire.
Sujets à lire :
antigène australia,
hépatite B