Naissance de l'homéopathie
En 1789 le docteur Samuel Hahnemann traduit un livre « materia medica » d'un médecin écossais, le Dr. Cullen. Dans un article sur l'action de quinquina dans les fièvres il est dit : « l'écorce de quinquina agit par la vertu fortifiante qu'elle exerce sur l'estomac ». Or Samuel Hahnemann avait été traité par le quiquina lors d'une fièvre et n'avait pas ressenti cela. Loin de lui fortifier l'estomac, la drogue lui avait occasionné de violentes brûlures. Cullen s'était donc trompé. Il décida de faire l'expérimentation sur lui même en prenant matin et soir de la poudre de quinquina et en notant avec précision toutes ses réactions.
Il éprouva une série de malaises bien typés (refroidissement des extrémités, fatigue profonde, angoisse, tremblements et surtout soif et sensation de chaleur brûlante interne évoluant par cycle). Les paroxysmes duraient deux à trois heures, recommençaient lorsqu'il répétait la dose et cessaient lorsqu'il arrêtait
Tous ces symptômes évoquent une fièvre intermittente. Donc le quinquina, déclenchait chez Hahnemann, bien portant, une fièvre analogue aux fièvres paludéennes, contre lesquelles, il était utilisé avec succès.
Hahnemann est frappé de cette coïncidence :
- Il recherche alors, aussi loin qu'il peût dans ses lectures et se souvient de la loi de similitude qu'avait énoncé Hippocrate 22 siècles plus tôt:" Similia similibus curantur " :"Les semblables sont guéris par les semblable »
- Hahnemann continue son auto expérimentation sur de nouvelles substances, expérimente sur les membres de sa famille, ses amis etc...
- L'hypothèse se vérifie ; il élabore alors un système thérapeutique basé sur la loi des semblables.
- Dès 1796, il énonce: « pour guérir radicalement certaines affections chroniques, on doit chercher des remèdes qui provoquent ordinairement dans l'organisme humain une maladie analogue et le plus analogue qui est possible »
- Dans un 2ème temps, il développe la notion de dose infinitésimale. Il remarque que l'administration d'une substance à forte dose provoque parfois, dans un 1er temps une aggravation de la maladie et/ou des effets secondaires toxiques. Il a donc l'idée de diluer les médicaments pour en atténuer les effets.
L'homéopathie était née.
En 1810 Samuel Hahnemann publie la première édition de L'ORGANON, ouvrage de référence de l'homéopathie.
En 1821, Hahnemann avait expérimenté soixante-six remèdes et publié sa Matière Médicale Pure en six volumes.
En 1831, le Choléra gagna l'Europe Centrale. Hahnemann publia des articles sur le traitement homéopathique de la maladie, et fut à l'origine du déploiement de l'homéopathie dont le taux de guérison était de 96%, comparé au taux de 41% de l'allopathie.
Les grands principes de l'homéopathie
SIMILITUDE - GLOBALITÉ ET INDIVIDUALISATION – INFINITESIMAL – FORCE VITALE
Similitude
Le principe de similitude énonce que pour guérir un patient, il faut lui administrer la substance capable de provoquer sur des êtres humains des symptômes comparables à ceux qu'il présente.
Toute substance susceptible expérimentalement de provoquer chez un individu sain une série de symptômes est capable de guérir un malade présentant ces mêmes symptômes.
Pour une prescription homéopathique, on cherche à faire coïncider l'ensemble des symptômes du patient avec ceux que provoque une substance sur des individus en bonne santé. On ne prescrit pas à partir d'un
symptôme isolé mais on cherche le médicament qui couvre l'ensemble ou la maximum des symptômes du patient (physiques et psychiques, objectifs et subjectifs (sensations..))
Autrement dit, le médicament doit être choisi en fonction de sa ressemblance avec le malade à traiter. Pour guérir, il faut que la
maladie artificielle du médicament ressemble le plus possible à la
maladie naturelle du malade.
L'ensemble des symptômes provoqués par chaque substance est nommé pathogénésie et la collection des pathogénésies constitue la matière médicale que le praticien homéopathe doit bien connaitre.
Globalité et individualisation
En homéopathie on s'attache à soigner une personne malade et non une
maladie. Le diagnostique classique (nosologique) de la
maladie garde son intérêt pour le médecin homéopathe mais n'est pas suffisant pour instaurer un
traitement. Il faudra pendre en compte tous les symptômes spécifiques du malade. C'est la façon dont la personne est malade qui est prise en compte.
La totalité des symptômes doivent être observé mais ne seront pertinents pour la prescription seulement ceux qui caractérisent le patient. En effet les symptômes physiques banaux seront utiles pour faire le diagnostic mais seront retrouvés chez de nombreux patients et de nombreux remèdes. C'est pourquoi on recherchera les symptômes rares inhabituels caractéristique d'une réaction personnelle d'un patient.
Tout l'art de l'homéopathe consiste à recueillir des informations par l'examen et l'interrogatoire qui lui permettra de faire un diagnostic classique, et surtout de sélectionner, parmi la multitude des symptômes recueillis, les bons symptômes
homéopathiques.
Exemple :
Une angine:
gorge rouge, mal à la gorge, fièvre à 39°
En médecine allopathique ceci suffit pour prescrire anti inflammatoires, antithermiques, et
antibiotiques si nécessaire.
En homéopathie : on doit continuer l'examen et l'interrogatoire à la recherche de
symptômes spécifiques du patient :
- angine à gauche, douleur intense en touchant le cou, amygdales violacées, agitation = Lachesis .
- angine après avoir été mouillé, améliorée en buvant chaud, courbatures de dérouillage améliorées par les mouvements, triangle rouge à l'extrémité de la langue. = Rhus toxicodendron .
- angine très douloureuses avec fièvre élevée brutale avec délire, rougeur, sueurs, pupilles dilatées et maux de tête avec battements = Belladonna .
- angine suite d'un froid sec, avec soif, agitation, angoisse surtout le soir, gorge sèche et sensation de brûlure : = Aconit .
- angine rouge vif, gonflement des amygdales et de la luette comme un battant de cloche, gorge sèche, douleur piquante améliorée par boisson froide, absence de soif : = Apis .
- etc.
Infinitésimental
D'une part pour éviter l'effet toxique et d'autre part pour agir sur le plan de l'énergie vitale, le médicament pour être homéopathique doit être dilué et dynamisé, c'est à dire subir des succussions entre chaque échelon de la dilution.
Il peut s'agir d'une substance végétale, animale ou minérale
Préparation :
- Classiquement on utilise les dilutions Centésimales Hahnemanniennes = CH
- On part de la substance de base dite teinture mère (ou poudre pour les minéraux) que l'on dilue au 1/100 dans un mélange d'eau et d'alcool. = 1CH
- Puis une partie de la 1CH dans 99 parties de solvant = 2CH (= 1/10 000) puis 3CH = 1 millionième etc.
- Entre chaque dilution on opère une série de 100 secousses, c'est ce qu'on appelle la dynamisation.
- On peut aussi trouver les dilution au dixième : DH ou les dilutions Kosakoviennes : K
Force vitale
Le médicament homéopathique est tellement dilué qu'il y a très peu (jusqu'à 9CH) ou qu'il n'y a plus de matière première (au delà de 9/12CH). Il n'a donc pas une action chimique comme en allopathie.
On doit ici faire appel au concept de force vitale ou dynamis : selon le docteur Samuel Hahnemann dans son ouvrage l'Organon :
- Organon § 9 :"Dans l'état de santé, l'énergie vitale immatérielle (dynamis) animant la partie matérielle du corps humain (organisme), règne de façon absolue. Entre toutes les parties de l'organisme vivant, elle maintient dans leurs activités fonctionnelles et réactionnelles une harmonie qui force l'admiration".
- Organon § 10 : "Sans force vitale, l'organisme matériel est incapable de sentir, d'agir et de maintenir sa propre conservation".
- Organon §11 : ""Quand l'homme tombe malade, cette énergie vitale immatérielle (principe de vie) est désaccordée et se manifeste par des symptômes morbides (manifestations qui seules sont accessible aux sens de l'observateur)".
Les symptômes sont les reflets de la perturbation de l'énergie vitale et non pas la
maladie.
L'ensemble des symptômes (la totalité) permet de caractériser indirectement le désordre interne qui nous restera toujours inaccessible.
Donc la guérison ne peut s'envisager qu'au moyen d'un seul agent dynamique prescrit en fonction de la totalité des symptômes.
Le médicament homéopathique est une substance dynamisée qui pourra agir sur cette force vitale.