Face au froid intense, plusieurs réactions naturelles de défense interviennent :
- Le frisson fournit de la chaleur de façon éphémère et peu rentable (« feu de paille »).
- La vasoconstriction périphérique réduit le calibre des vaisseaux de l’écorce (systématique chez tous les individus) et le débit sanguin.
- L’augmentation de la température centrale par élévation de la consommation d’énergie (seules certaines ethnies en sont capables spontanément).
- La diminution de la température centrale pour diminuer le gradient de déperdition par rapport à l’extérieur. Certains pensent que l’acclimatation au froid permet ce type d’adaptation car certaines ethnies vivant dans ce type de climat depuis plusieurs générations on développé ce type de défense.
- L’ouverture de shunts (dérivations, raccourcis) au niveau des poignets et des chevilles permettant au sang d’éviter les extrémités et donc de se refroidir avant de retourner au cœur. Les extrémités sont des surfaces d’échanges importantes (vascularisation importante, grande surface de peau pour un faible volume de tissus). Le risque de gelures augmente, mais dans la perspective de sauvegarder les organes nobles.
Face au froid intense, plusieurs réactions volontaires de défense sont possibles :
- L’activité musculaire apporte beaucoup de chaleur mais consomme beaucoup d’énergie (ne jamais rester statique).
- L’augmentation des réserves énergétiques (alimentation, stockage).
- L’augmentation directe de la température du noyau central (boissons chaudes, aliments chauds).
- La protection contre les facteurs de refroidissement : convection (coupe-vent, abri) et conduction (combattre l’humidité, éviter le contact direct avec la glace, l’eau et la neige).
- L’hydratation permet de mieux réguler les transferts de chaleur dans l’organisme.
La protection
La protection de l’individu qui séjourne en montagne passe avant tout par son équipement vestimentaire et son choix comportemental face à l’isolement propre à l’environnement hostile.
L’équipement vestimentaire
Il s’est considérablement amélioré, notamment grâce à l’invention de fibres performantes.
Le pouvoir d’isolation d’un vêtement est défini par un indice appelé Clo. 1 Clo correspond au pouvoir d’isolation d’un vêtement de ville de demi-saison ; l’indice est de 10 Clo pour un sac de couchage conçu pour des conditions polaires, tandis qu’une tenue légère d’été affichera 0,5 Clo.
En montagne le vêtement protecteur doit être léger pour éviter le surpoids, solide pour limiter l’usure liée au terrain corrosif, isolant afin de combattre les baisses de températures extérieures, imperméable à la pluie et au vent tout en permettant à l’évaporation de la transpiration. En outre, les vêtements doivent sécher rapidement pour être réutilisés en permanence, mais aussi être confortables et pratiques (ergonomie et qualité des velcros, des fermetures éclairs et des bretelles…).
On préconise de multiplier les couches de vêtements de manière à pouvoir changer celles qui auront absorbé l’humidité lors de l’exercice. L’eau qui condense augmente la conduction, donc la nuisance du froid extérieur sur l’organisme. La multiplication des couches d’air prises en sandwich, en diffusant la vapeur d’eau, limite la condensation.
Gérer l’isolement
Combattre l’isolement, c’est avant tout se munir de moyens de communication qui deviendront salvateurs en cas de problème (mobile, radio ou téléphone satellite) et savoir préserver les batteries de secours.
Il s’agit aussi de prévenir des proches de la course envisagée, de donner des informations sur le type d’excursion et les horaires de retour.
Mieux vaut éviter de s’aventurer seul si l’on est néophyte et si l’on ne connaît pas le terrain…
En cas de bivouac forcé, il faut savoir économiser ses réserves énergétiques en évitant le gaspillage par des mouvements inconsidérés, en réduisant les surfaces de conduction exposées à la glace, la neige ou l’eau, et en se protégeant des courants d’air (convection). Enfin, ne jamais rester statique. Maintenez votre noyau au-dessus de 35 °C !