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Dépendance

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Point de départ

Quel que soit le toxique (tabac, alcool, drogue, médicament...), l'organisme se trouve en état de dépendance à la fois physique et psychique pour trois raisons : pharmacologique, psychologique et comportementale.

Le mécanisme de la dépendance

La rencontre initiatique

  • La première rencontre avec le toxique est rarement volontaire et le plus souvent fortuite en apparence. Il s'ensuit lors de cette rencontre un bénéfice immédiat qui peut être physique (sensation de bien-être, sensations physiques étonnantes ou agréables) ou psychique et qui dépend de chaque individu (satisfaction d'avoir assouvi un fantasme ou d'avoir franchi un interdit, ou d'appartenir à un groupe ou à une communauté). Il se passe de toute façon un phénomène, l'accomplissement d'un rituel initiatique qui va servir de base pour changer d'état : on n'est plus le même avant et après l'avoir fait cette rencontre, que celle-ci ait été bonne ou non.
  • Si on a la chance que cette première rencontre soit catastrophique, on échappe au phénomène de dépendance, jusqu'à la prochaine fois. En revanche, si on en a retiré un bénéfice, si minime soit-il, on a dores et déjà franchi la première étape de la dépendance.

Le plaisir

  • C'est le bon côté des choses : le toxique procure un plaisir qui est physique ou psychique. À ce stade-là, on peut dire que tout ce qui apporte du plaisir est source de dépendance : pas seulement les toxiques, mais aussi la nourriture, le sport, le sexe, les acquisitions, etc. Le plaisir n'entraîne l'addiction, donc la dépendance, que si un besoin s'installe, celui de l'escalade.

L'escalade

  • Le plaisir s'émousse, et il faut le renouveler ou en augmenter l'intensité pour retrouver cette même sensation. C'est dans l'escalade que se trouve le ferment de l'addiction, et c'est là où la frontière est bien délimitée avec les toxiques. Ceux-ci ont, du fait de l'augmentation des doses ou de la fréquence des prises, un effet pharmacologique : le toxique impose sa loi sur l'organisme. On est déjà dépendant mais on ne le sait pas encore.

La prise de conscience

  • On ne se rend compte qu'on est dépendant que lorsqu'on veut s'arrêter. On est dépendant du toxique qui instaure un syndrome de manque quand on veut s'arrêter : modification du caractère, activité de recherche du toxique, douleurs diverses, insomnies, etc. C'est la dépendance pharmacologique. Elle est très marquée avec les drogues dures pour lesquelles la molécule (héroïne, cocaïne, etc.) sature les récepteurs cérébraux correspondants. Dès que les récepteurs ne sont plus saturés, le cerveau alerte l'organisme grâce à ces divers moyens vus plus haut (agitation, insomnie, etc.). Il n'y a alors que deux alternatives : être en manque ou saturer à nouveau les récepteurs avec le toxique. C'est ce qui fait le drame de la dépendance aux drogues dures.
  • Mais cela va plus loin que le simple aspect pharmacologique : on est aussi dépendant psychiquement et surtout comportementalement. Ces deux phénomènes sont très caractéristiques du tabac et de l'alcool : il y a dans le geste de boire ou de fumer une gestuelle et un rituel qui en eux-mêmes apportent la quiétude avant même que le toxique ait agi. C'est pour cela qu'en ce qui concerne le tabac, on continue à délivrer le toxique (la nicotine) sous forme de patchs ou de tablettes, de façon à ce que l'on n'ait plus à lutter que sur deux fronts (psychique et comportemental) au lieu de trois. Le sevrage pharmacologique vient alors après, car en ce qui concerne le tabac, c'est le plus facile à sevrer.

L'assuétude

C'est la conséquence de la dépendance : on ne peut vivre normalement sans son toxique. On est devenu totalement esclave.

Les mâchoires du piège

Elles se referment d'autant plus vite que le toxique est puissant, que la personne est réceptive, et qu'elle est jeune.

  • La première prise de crack crée immédiatement la dépendance, car l'assuétude est immédiate en raison de la puissance de ce toxique sur les récepteurs cérébraux. Pour l'héroïne et la cocaïne, c'est un peu plus lent à s'installer.
  • Pour le tabac, c'est plus insidieux, on se fait piéger par le comportement, et c'est surtout le fait des pré-ados et ados : pour faire partie du groupe, pour ne pas être en reste, on tire sur sa première cigarette. La nicotine n'est pas assez puissante pour entraîner l'assuétude. C'est bien après que le phénomène d'assuétude se passe : c'est lorsqu'on sort le paquet pour se donner une contenance ou pour compenser un stress que l'on est accroc psychologiquement. La cigarette devient cet ami qui vous assiste dans les moments difficiles. Le piège comportemental est alors pratiquement refermé. Le moment où il l'est totalement, c'est lorsqu'on sort le paquet sans réfléchir, pas par besoin, mais par habitude. Et pour en arriver à ce stade, il a fallu que le cerveau ait intégré tous ces gestes un à un et qu'il les programme, ce qui suppose de nombreuses répétitions , au cours desquelles, la nicotine, insidieusement mais lentement va saturer les récepteurs cérébraux. On est devenu dépendant pharmacologiquement : le piège à trois mâchoires s'est refermé pour de bon.
  • L'alcool provoque un effet immédiat et un plaisir lié à l'ivresse. On est dépendant psychologiquement dès le premier verre. La dépendance pharmacologique est plus longue à s'installer car l'alcool est métabolisé relativement rapidement. En revanche, c'est par le biais du comportement que s'installe l'assuétude : on boit pour des occasions au cours des repas, pour la convivialité. Le piège du comportement se referme quand on commence à boire pour rien et à boire seul. La dépendance pharmacologique vient à des moments divers, mais comme pour le tabac, c'est elle qui referme le piège dont il est bien mal aisé de sortir.


Article créé, modifié ou vérifié par

Médecin Généraliste

Dernière mise à jour, le 28/06/2010
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L'information ci-dessous apporte les éléments essentiels sur ce sujet. Elle n'a pas vocation à être exhaustive et tout comme les conseils, elle ne peut se subsister à une consultation ou un diagnostic médical.


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