La survenue d’un trouble de la vision peut évoquer différentes pathologies qu’il faut toujours prendre au sérieux.

Généralement indolore, il n’en cache pas moins un processus pouvant devenir irréversible si l’on s’entête à rester en altitude.

Vision floue ou images nuageuses pouvant évoluer vers la cécité : Gelure de cornée

Elle atteint les personnes dont les yeux sont mal protégés (masque) par grand vent en altitude ou en région polaire.

Il faut interrompre la course avant que cette cécité ne soit totale, se protéger les yeux avec un masque si ce n’est pas encore fait, puis regagner une tente ou un local tempéré.

Un sachet de thé infusé chaud appliqué sur les paupières peut accélérer la récupération de la fonction visuelle, qui peut demander parfois plusieurs jours.

  • Protéger les yeux avec un masque.
  • Interrompre la course et regagner un local tempéré.
  • Sachet de thé infusé chaud sur les paupières.
  • Si les troubles de visions persistent, consulter un spécialiste.

Voile perturbant la vision ou une cécité partielle touchant un champ oculaire plus ou moins important : Hémorragie rétinienne

Même si cette pathologie existe déjà en temps normal chez des personnes plutôt âgées, elle est exacerbée en altitude. On la décrit comme une véritable entité sous le terme d’hémorragie rétinienne de haute altitude (HRHA).

Ces lésions qui atteignent la rétine sont décrites dans le chapitre 2 dans le cadre des maladies liées à l’altitude.

Les hémorragies sont fréquentes chez tout alpiniste dépassant l’altitude de 5 000 mètres sans que cela provoque obligatoirement des modifications visuelles perceptibles. La plupart d’entre elles cicatrisent d’ailleurs toutes seules dès le retour d’expédition sans que l’alpiniste lui-même s’en soit rendu compte.

Quand les troubles de la vue apparaissent, c’est souvent parce que la lésion est importante.


  • Interrompre l’expédition et perdre de l’altitude si les troubles de vision apparaissent.
  • Eviter l’aspirine.
  • Rapatriement vers un ophtalmologiste.

  • Acétazolamide(DIAMOX) pour diminuer la pression intra-oculaire
  • Rapatriement vers un ophtalmologiste.

Images mobiles ou déformées, scintillements ou « mouches volantes » : Décollement de rétine

Le décollement de rétine est rare. Chez une personne jeune et en bonne santé, il peut être la conséquence d’un traumatisme oculaire.

Les scintillements ou les « mouches volantes » marquent la présence de sang dans l’humeur aqueuse.

Comme l’hémorragie rétinienne, le décollement de la rétine impose un rapatriement rapide vers un ophtalmologiste car le risque de cécité définitive est important et aucun traitement sur place n’est possible.

Paupiere gonflée : orgelet ou chalazion

Appelé aussi œdème palpébral.

L'infection arrive généralement à maturité et se vide au bout de quelques jours, ce qui apaise la douleur. Tout devrait être terminé après environ une semaine.

C’est souvent un signe d’accompagnement en cas de conjonctivite, allergie, œdème périphérique de haute altitude, corps étranger dans l’œil.

    • Si inflammation centrée sur un cil : oter le cil
    • Compresses chaudes peuvent être appliquées pendant dix minutes quatre fois par jour.
    • Crème antibiotique oculaire 3 fois par jour : kanamycine (TOBREX) pendant 7 jours.
    • Massages doux pour favoriser l'ecoulement.
    • Nettoyage de l'oeil au serum physiologique frequement
    • Se laver les mains régulièrement et éviter de toucher à ses yeux.
    • Pendant l’infection et l’évacuation, le port des lentilles cornéennes est à proscrire.


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