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Alcoolisme chez les jeunes

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Alcoolisme chez les jeunes
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Alcoolisme

Définition

  • La consommation régulière de vin est surtout le fait des personnes de plus de 55 ans. Les adolescents et les jeunes adultes boivent rarement tous les jours. C'est essentiellement l'âge des ivresses excessives. Ce phénomène récent survient environ 7 fois par an.
  • Par comparaison, les personnes de plus de 55 ans, ne n'enivrent que 2 fois par an pas plus.
  • Cette ivresse est un phénomène presque rituel dont le but est d'aboutir rapidement à une "défonce" rapide et totale.

Chiffres

  • Un adolescent sur 3 a déjà connu une ivresse alcoolique à 15 ans.
  • Une relation sexuelle sur 3 a lieu sous les effets de l'alcool chez les adolescents ce qui peut poser problème en terme de protection et de consentement..
  • 92 % des jeunes ont déjà expérimenté l'alcool et l'ivresse.
  • Les garçons consomment 3 fois plus que les filles.
  • 15% des jeunes ont une consommation régulière.
  • Les usages répétés touchent plus de 26% des jeunes.
  • 15% des jeunes atteignent cet état 10 fois par an.
  • L'alcool vendu en France est acheté par 8% de dépendants. Le chiffre de 10% de dépendants est nécessaire pour que l'industrie de l'alcool fasse des bénéfices. D'où la nécessité des lobby de l'alcool d'entretenir le marché de la dépendance.
  • On estime que 10% des consommateurs souffrent d'un usage nocif ou d'une dépendance.
  • Par rapport aux autres addictions, celle à l'alcool augmente (bière et premix), alors que le cannabis est en consommation plus stable ; la cocaïne est également en augmentation.

Evolution de l'alcoolisme chez les jeunes depuis 2000

  • L'ivresse chez les jeunes est banalisée. Elle devient un élément indispensable au bon fonctionnement de la fête. C'est cette banalisation de la "cuite massive" qui pose un problème. Cette alcoolisation qui était surtout le fait des garçons devient de plus en plus celle des filles.
  • La première cuite survient vers l'âge de 16 ans.
  • Les ivresses sont de plus en plus fréquentes et de plus en plus massives.
  • On parle de "binge drinking", comportement provenant des pays anglo-saxons.

Quelles pourraient être les causes profondes ?

  • A l'origine de ce besoin de « défonce », se trouve sans doute une angoisse des jeunes face au monde stressant qui leur est proposé (chômage, pollution, etc.). Par ailleurs, face au monde normatif où nous vivons, peuplé d'interdits et de messages de prévention, le besoin normal de transgression de l'adolescent ne trouve pas beaucoup de moyens de s'exprimer. L'alcoolisation en fait partie.
  • On peut également retrouver des comportements similaires dans l'augmentation des comportements à risque et des situations dangereuses : les cascades à risque comme celles des "Jakass", sont l'une des expressions de ce besoin de transgression qui ne peut en raison des interdits forts dans d'autres domaines (sexe limité par le sida, répression des stupéfiants, radars...) ne peut s'exprimer facilement que par l'alcoolisation massive.
  • Le manque de tolérance à la frustration des adolescents accélère le processus d'accession rapide à un état jugé comme générateur de plaisir.

Les risques

Ils sont multiples :

  • Chez l'adolescent, le cerveau est en pleine maturation, ce qui fait que des addictions comme l'alcool ou le cannabis, ont une action particulièrement néfaste sur le développement de la maturation intellectuelle qui va retentir sur la vie personnelle et sociale de l'adolescent.
  • Plus les ivresses commencent tôt, plus c'est inquiétant. Les ivresses avant l'âge de 14 ans sont un risque important.
  • Autre risque majeur, celui que l'adolescent franchisse les différents stades le menant à la dépendance à l'âge adulte, la conséquence étant à terme un alcoolisme chronique .

Complications

Il y a plusieurs stades : l'usage, l'usage à risque, l'usage nocif et la dépendance.

  • Le simple usage est normal tant qu'il reste en deçà d'un certain chiffre (3 verres par jour).
  • Au delà, c'est "l'usage à risque", la conséquence la plus grave étant l'accident de voiture. La consommation est dite à risque au delà de 6 verres pour les garçons, et 5 pour les filles.
  • L'usage devient nocif lorsqu'il y a un retentissement sur la santé (perturbation des analyses sanguines, modification du comportement, violence, cirrhose , polynévrite , qui constituent toute la panoplie des signes d'alcoolisme chronique.
  • On passe à la dépendance au stade ultime, lorsqu'il devient impossible de s'arrêter de boire, malgré les signes d'alcoolisme chronique.

Conséquences

Les conséquences fâcheuses de la consommation excessive sont nombreuses :

  • La répétitivité de ces consommations excessives.
  • Les dérives sexuelles.
  • L'accidentarité routière. Avec le cannabis, le risque est multiplié par 1,8. Avec l'alcool, il est multiplié par 8. Avec l'alcool et le cannabis, il est multiplié par 15
  • Les complications sociales (difficultés scolaires, problèmes de délinquance…). Elles sont le plus souvent révélatrices.

Stratégie marketing des vendeurs d'alcool

La stratégie des alcooliers se fonde sur le principe suivant : plus on consomme tôt, plus on va devenir dépendant et plus on deviendra un futur gros consommateur. La stratégie marketing en découle. Celle-ci se fait à plusieurs niveaux :

  • La pénétration de l'alcool s'est faite dès 1986 avec les premix, puis les bières aromatisées à la vodka, à la tequila. Il existe différentes marques : Desperados, Oka, Isla Verde Boomerang, Delirium tremens… Vodka et Rhum sucré.
  • Le packaging est un élément important de séduction.
  • Les produits sont adaptés aux femmes : « Bordeaux pour elle », Malibu…
  • La présentation : la bière en maxi canette (50 cc, voire 60 cc).
  • Le degré d'alcool a augmenté (de 4 à 6°, c'est passé à 12°).
  • Les linéaires de vodka et de rhum ont beaucoup augmenté dans les rayons des grandes surfaces, ce qui augmente la visibilité, donc le pouvoir d'attirance.
  • La promotion est faite pour associer le vin aux relations amoureuses.
  • Le marketing sur internet avec constitution de Clubs permet de fédérer les consommateurs autour d'évènements au cours desquels ils vont faire de nouvelles rencontres.
  • L'accompagnement des fêtes est la phase suivante pour toucher les jeunes et les amener à consommer.
  • Le placement du vin et de l'alcool dans les films cinéma.

Les signes d'alerte

  • Le fait qu'un jeune arrive aux urgences pour ébriété.
  • La baisse du rendement scolaire.
  • Les conduites délinquantes ou déviantes

Ces signes nécessitent une consultation médicale.

L'addiction

Elle peut être double, voire triple :

  • L'addiction comportementale et l'addiction psychologique. Dans ce cas, il y a une perte du contrôle des mécanismes naturels de recherche du plaisir et d'évitement de la souffrance, ainsi qu'une difficulté à la gestion des émotions positives et négatives.
  • L'addiction au produit : les drogues viennent se greffer sur les voies du plaisir et de la récompense. Les produits deviennent alors de véritables « leurres pharmacologiques ».

On parle d'addiction quand les conséquences nocives sont supérieures au plaisir qu'on en retire. L'addiction pose problème quand elle devient la seule motivation et que la consommation se fait au détriment de la vie sociale et professionnelle.

Le circuit plaisir-récompense

Le phénomène d'addiction est dû au circuit plaisir-récompense présent dans notre cerveau. Les voies dopaminergiques sont celles du plaisir. Dès qu'on sécrète de la dopamine, on se sent bien. La dopamine est secrétée à tous les niveaux de notre cerveau. Les drogues ne font qu'activer ces circuits dopaminergiques.

  • Les drogues (alcool inclus) vont d'abord vers la partie du cerveau qui gère les sensations ; ensuite elles activent le cerveau émotionnel et enfin celui qui gère les sentiments. La partie antérieure du cerveau qui gère les actions est active en dernier. C'est elle qui va aboutir à des comportements excessifs, voire délictueux.
  • Les drogues viennent prendre à ces divers niveaux la place des émotions raisonnables. C'est ce qui fait la différence entre un cerveau addict et un cerveau non addict.
  • Un cerveau non addict mémorise le plaisir et la récompense obtenue et il est capable de contrôler ce circuit. Le cerveau addict ne peut contrôler raisonnablement le souvenir qu'il a du plaisir, ce qui provoque un mauvais fonctionnement du contrôle raisonnable.

Facteurs de risque et gravité des addictions

L'addiction est due à de multiples facteurs :
  • Facteurs de risque liés au produit qui entraîne une dépendance et des complications spécifiques.
  • Facteurs de vulnérabilité individuelle, physiques, psychiques, comportementaux.
  • Facteurs environnementaux.
    Ces différents facteurs de risque interagissent les uns sur les autres.

Risques de devenir dépendant

Une personne a plus de risques d'être dépendants si :
  • Sa consommation a été précoce (avant l'âge de 18 ans).
  • Sa consommation est autothérapeutique. Cela signifie une consommation pour la recherche de sensations excessives, le besoin d'excès, ou le besoin de diminuer sa souffrance.
  • Elle cumule ses consommations : Plus de 250 ml à 40° par soirée.
  • Elle répète cette consommation à risque : plus de 10 « cuites » par an.
  • Elle a des conduites d'excès aboutissant à la délinquance.

En pratique

  • La première des choses à faire est la prise de conscience du phénomène d'alcoolisation excessive : plus on boit, plus on glisse lentement mais sûrement vers la dépendance.
  • La seconde est la prise de conscience des signes d'alerte (précocité de l'alcoolisation, comportements délictueux...)
  • La troisième est l'instauration du dialogue avec l'adolescent. C'est quelque chose de très difficile à accomplir pour les parents qui doivent au besoin se faire aider par un tiers de confiance, le médecin en particulier.
  • La quatrième est la transmission de l'information auprès des parents qui n'en n'ont peut-être pas totalement conscience.
  • La cinquième est la réalisation de tests qui permettent de juger de la dépendance. Elle existe pour le tabac (Test de Fagerström , mais aussi pour l'alcool.
  • Enfin des soins et un suivi sont proposés au jeune pour éviter qu'il répète ses expériences.


Article créé, modifié ou vérifié par

Médecin Gynécologue

Dernière mise à jour, le 15/01/2011
www.docteurclic.com

L'information ci-dessous apporte les éléments essentiels sur ce sujet. Elle n'a pas vocation à être exhaustive et tout comme les conseils, elle ne peut se subsister à une consultation ou un diagnostic médical.




TÉMOIGNAGES SUR CE THÈME

  • Est-ce que je deviens alcoolique ?
    Par Laura (psychologue)
    Le 03/03/2013 14:18:30
    Bonjour Baptiste, il me semble que c'est une très bonne chose que vous soyez vigilant par rapport à votre consommation d'alcool. La question que vous vous posez montre que vous vous sentez peut-être...
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