Définition

  • Le traitement du diabète non insulino-dépendant repose sur la modification des habitudes alimentaires, la réduction modérée du poids quand la personne est en surpoids, l'exercice physique et les médicaments anti-diabétiques.

Les principes généraux

  • Le but est de faire en sorte que la glycémie ne monte pas au delà de certaines limites. En effet, à chaque fois où la glycémie dépasse certains seuils, ce sont les organes cibles (rein, oeil, coeur, peau et nerfs) qui souffrent. La répétition de ces "agressions glycémiques", finit à la longue par user l'organisme et être responsable des complications du diabète . Le moyen d'avoir une vision rétrospective sur 3 mois est le dosage de l'[hémoglobine glyquée{D=HbA1c}] (HbA1c). C'est cet examen qui est en quelque sorte le baromètre pour guider l'évolution du traitement.
  • On essaye de contrôler le diabète par une alimentation adaptée au diabétique . Si cela ne s'avère pas suffisant, on passe aux médicaments antidiabétiques , en essayant de les limiter. Moins on parvient à contrôler le diabète, plus ce sera l'escalade sur le nombre de médicaments (mono, puis bi, voire trithérapie). Si malgré tout cela le diabète ne peut être contrôlé, on passe à l'insuline en injections avec tout l'inconfort qu'elle représente.
  • Mais à côté de cela, il faut comprendre que le diabète, qui est une maladie au long cours, est en elle-même un facteur de risque cardio-vasculaire , et que tous les facteurs de risque (cholestérol en excès, hypertension) se renforcent les uns les autres. Traiter seulement le diabète n'a donc aucun sens s'il y a plusieurs facteurs de risque. D'où la nécessité de traiter l'hypertension artérielle et les dyslipidémies . Cela se soigne là aussi par une alimentation adaptée (pauvre en graisses animales, peu salée, etc.). Il y a donc là aussi une contrainte alimentaire importante que la personne diabétique doit prendre en compte afin de limiter le recours aux médicaments contre l'hypertension et les dyslipidémies.
  • Il y a donc dans la prise en charge du diabète, une prise en charge globale qui est faite à la fois par le médecin et par la personne elle-même. Elle n'est pas "responsable" de sa maladie, mais elle est le meilleur guetteur et observateur. D'où sa participation active.
  • Enfin, le suivi régulier fait partie de la stratégie de traitement. Ce qui impose là encore la coopération entière de la personne diabétique.

Le traitement

D'une manière générale

  • Il consiste dans un premier temps à faire un régime alimentaire équilibré. En cas d'obésité ou de surpoids conséquent, un régime hypocalorique est indispensable. La personne doit en particulier éviter les sucres rapides (gâteaux, pâtisseries, boissons sucrés...). Généralement la correction du surpoids permet une correction des chiffres de glycémie et un arrêt de l'évolution de la maladie diabétique.
  • En cas d'échec ou de non correction des chiffres de glycémie, le médecin proposera à la personne un traitement à base de médicaments antidiabétiques à prendre en comprimés.
  • Dans les cas extrêmes, le passage à l'insuline devient nécessaire.

Les règles générales de l'alimentation

  • En fait c'est le régime normal : augmenter les apports en sucres lents, limiter les apports en graisses saturées et l'alcool.  L'alimentation du diabétique consiste donc à avoir un régime légèrement hypocalorique, fondé sur la diminution des graisses et de l'alcool, tout en conservant un régime normal en ce qui concerne les sucres lents (pain, pâtes, etc.).
  • La limitation des graisses : diminuer les graisses cachées contenues dans les fritures, les viandes grasses comme l'agneau ou le porc, les charcuteries, les fromages gras, les pâtisseries, le chocolat, les sauces). La cuisson devra être faite sans graisses. Préférer les poissons (y compris les poissons gras), les huiles mono-insaturées (olive, arachide, colza).
  • La limitation de l'apport en glucides n'est fait que si le reste est sans effet : diminution du pain (150 g /jour) les féculents.
    Prendre 3 repas par jour, le petit déjeuner devant composer au moins le 1/5 de la ration alimentaire quotidienne. Le rajout d'une collation à 16h permet d'éviter les grignotages d'avant le dîner qui sont très préjudiciables.
  • Chez la personne en surpoids, le régime doit être modérément hypocalorique (entre 2000 et 2500 calories
  • par jour). Des régimes plus sévères sont peu réalistes, difficiles à tenir psychologiquement et fatigants. La limitation de l'alcool en revanche doit être plus stricte.

L'exercice physique

  • Il est essentiel, autant que l'alimentation. L'activité quotidienne (marche, vélo, jardinage, promenade du chien, montée des escaliers, etc.) vaut tous les sports en ce qui concerne le maintien d'une activité physique.
  • Les sports : le jogging (30 mn), le vélo (1 heure), la marche (2 heures), et cela tous les 2 jours.
  • Chez la personne de plus de 50 ans et/ou présentant des facteurs de risque cardio-vasculaires, le médecin demandera une épreuve d'effort avant de débuter l'activité physique. De même un électrocardiogramme , une mesure de la tension et un examen du fond d'oeil sont systématiques. Les sports dangereux ou demandant un exercice intense et bref sont déconseillés. Les pieds seront examinés par le médecin, car le diabétique est soumis à un risque important d'infection (mycoses , cors , mal perforant plantaire ). L'activité est précédée d'un échauffement de 5 mn et doit se terminer par une phase de récupération de 10 mn.
  • Les traitements hypoglycémiants sont responsables d'accidents hypoglycémiques en fin d'après-midi. Il faut donc privilégier l'exercice du matin.
  • Un carnet d'autosurveillance défini avec le médecin sera utile pour évaluer l'activité quotidienne et l'alimentation.

Les médicaments

Il existe 5 familles de médicaments antidiabétiques

  • La metformine  qui diminue la résistance des cellules du pancréas. Spécialités : Glucophage ®, Stagid ®. C'est généralement le type de médicament de première intention. Ils ont pour action principale de diminuer la résistance des cellules du foie à l'insuline. De plus, ils participent à la diminution du poids que l'on recherche. Leur avantage est de ne pas provoquer d'hypoglycémie . Ces médicaments sont toutefois prescrits avec prudence en cas d'insuffisance rénale . Ils peuvent provoquer des hypoglycémies en cas de surdosage massif ou de prise d'alcool excessive.
  • Les sulfamides hypoglycémiants qui stimulent la sécrétion d'insuline par les cellules du pancréas. Spécialités : Diamicron®, Glucidoral®,Daonil®, Euglucan®, minidiab®, Glibénèse®, Diabinèse®, Ozidia®… Ils sont efficaces au début, mais diminuent d'efficacité avec le temps. Leur risque majeur est de provoquer une hypoglycémie en fin de journée. Ils limitent l'amaigrissement et peuvent provoquer des accidents hypoglycémies.
  • Les inhibiteurs des alpha-glucosidases ralentissent l'absorption des sucres comme l'amidon, ce qui permet au pancréas de travailler moins. Ils sont souvent associés aux autres hypoglycémiants. Molécules principales : ascarbose (Glucor®) et miglitol (Diastabol®). Ils peuvent donner des gaz et des troubles intestinaux, mais n'ont pas de contre-indication majeure.
  • Les glitazones. Ils permettent aux cellules adipeuses et musculaires de moins résister à l'action de l'insuline. Ils ont l'inconvénient de provoquer une légère prise de poids et des petits oedèmes des jambes. On ne connait pas encore tous les effets à long terme de ce type de médicament.
  • La dernière née de famille de médicaments (2007-2008) est un dérivé du GLP-1 (glucagon-like peptide 1). Ce médicament agit comme une hormone libérée par l'intestin. Il intervient en augmentant la sécrétion d'insuline, est bien toléré et évite la prise de poids (un des inconvénients de l'insulinothérapie). Cette nouvelle classe de médicament, appelée mimétique de l'incrétine, s'administre de façon injectable, en l'associant avec certains antidiabétiques oraux. Cette gamme de médicament constitue une arme supplémentaire contre le diabète pour lequel des injections d'insuline sont nécessaires quand tous ces traitements s'avèrent insuffisants. 

Ces médicaments sont proposés en association avec le régime et l'activité physique.

La stratégie de traitement

Les grandes lignes

L'objectif est essentiellement de diminuer les risques d'atteinte des vaisseaux (microangiopathies).

  • D'une manière générale, le but est de conserver une glycémie à jeun inférieure à 1,40 g/l et une glycémie post-prandiale (après le repas) inférieure à 1,80 g/l, avec une HbA1C inférieure à 6,5%. Il faut rappeler ici que la HbA1c est le témoin des variations glycémiques en excès pendant les 3 derniers mois. Si elle est au delà de 6,5 à 8%, c'est que de nombreuses fois dans les 3 derniers mois la glycémie acceptable a été dépassée : il y a donc non observance du traitement ou traitement non adapté à la situation.
  • Les différents examens de surveillance permettent de vérifier le retentissement du diabète sur les organes qui risquent d'en souffrir (oeil, rein, coeur et vaisseaux).
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