Les effets secondaires des anticancéreux sont particuliers parce que leur efficacité est liée à leur toxicité sur des cellules humaines en cours de multiplication. Or, il n’y a pas que les cellules tumorales qui se divisent, il y a également les cellules normales de notre organisme. C’est toute la difficulté de l’évaluation du rapport bénéfice /risque.

Les anticancéreux peuvent donc aussi s’attaquer à certaines cellules saines, surtout si celles-ci sont de croissance rapide : ce sont les effets secondaires les plus fréquents.

D’autres seront plus liés à votre propre sensibilité, comme avec les autres médicaments. La manière dont vous accepterez votre traitement et votre degré d’anxiété seront donc très importants, ainsi que le rôle du psychologue, de plus en plus présent dans les services spécialisés.

À lire auparavant :

Les effets secondaires fréquents :

La toxicité sur le sang :

Les cellules sanguines se renouvellent rapidement, sont donc souvent en phase de croissance et donc très sensibles à l’effet des anticancéreux.

Les plus atteints sont les globules blancs , puis les globules rouges , puis les plaquettes .

La baisse des cellules sanguines se produit à une vitesse variable selon le type de produit ; le contrôle de la numération formule sanguine doit se faire dans des délais déterminés pour connaître le niveau minimum, et pouvoir préciser la cure suivante. Ce moment où la numération est au plus bas porte le  joli nom  de nadir...

C’est à ce moment-là où vous êtes le plus sensible aux infections : vous devez consulter et effectuer une numération en urgence en cas de fièvre, pour savoir si vous avez assez de globules blancs pour vous défendre. Il faut souvent des traitements intensifs et à action large systématiques.

La fatigue est en partie liée à l’anémie , mais on peut le plus souvent se passer de transfusions . Par contre, des apports de fer ou de facteurs de croissance peuvent être utiles.

La thrombopénie est rarement assez importante pour provoquer des saignements.

Quand on met en route un traitement très intensif, c’est en sachant que l’on provoquera une aplasie médullaire . Pour la compenser, on prévoit soit une greffe de moelle , soit un traitement par des facteurs de croissance des cellules sanguines.

Les atteintes des muqueuses digestives :

Elles peuvent être touchées surtout par : le Chlorambucil, l’Alkéran, l’Endoxan, le méthotrexate, le fluoro-uracile, la cytarabine, les anthracyclines, les épipodophyllotoxines.

En cas de stomatite : il faut éviter les produits aggravants comme l’aspirine ou les anti-inflammatoires, et faire des bains de bouche à base de bicarbonates et d’antiseptiques.

En cas d’oesophagite : une alimentation liquide ou mixée durant quelques jours, des pansements digestifs et des antalgiques vous font passer ce cap.

Les douleurs d’estomac sont moins courantes en-dehors de celles liées aux vomissements.

La diarrhée : elle se traite de manière classique ; elle demande en particulier un traitement intensif avec les inhibiteurs de la topoisomérase de type I (irinotécan).

Les vomissements :

Selon les médicaments, ils sont liés à l’irritation du tube digestif et sont d’intensité plutôt modérée, ou liés à une action sur les centres du vomissement, demandant alors un traitement préventif et curatif très intensif.

Les médicaments les plus fortement responsables sont les sels de platine et les inhibiteurs de la topo-isomérase I. Il est indispensable que soit effectué un traitement préventif dès la première cure avant leur administration.

Traiter au maximum d’emblée, sans attendre les effets secondaires, a un double intérêt : bien sûr rendre la cure plus confortable, mais aussi vous conditionner plus favorablement pour les suivantes. En effet, on sait depuis longtemps que lorsque l’on est très malade à la première cure, même si on a été soulagé rapidement, l’anxiété à la cure suivante suffit à provoquer des vomissements anticipés (rien qu’en s’approchant de l’hôpital).

Les traitements sont basés sur les anti-vomitifs puissants, les corticoïdes et les anxiolytiques ; il est aussi conseillé d’essayer de nouveaux aliments, qui n’ont pas été associés dans votre esprit aux vomissements, on les accepte souvent mieux.

La chute des cheveux

Elle est très variable selon les médicaments.

Ceux avec qui elle est très fréquente ou rapide sont : les alkylants , la cytarabine, le 5-fluoro-uracile, les anthracyclines, les poisons du fuseau (dérivés de la pervenche). Dans ces cas-là, vous pouvez demander un casque réfrigérant ou un garrot pneumatique qui ont pour but de diminuer la circulation sanguine du cuir chevelu pendant la cure, donc diminuer l’apport du toxique au bulbe du cheveu. Ils sont désagréables à porter, mais ont une certaine efficacité.

Sachez au passage que l’achat d’une perruque peut être pris en charge dans ce contexte par la Sécurité Sociale.

Bizarrement, la toxicité n’est que transitoire avec certains médicaments, par exemple les poisons du fuseau dérivés de la pervenche ; les cheveux sont alors capables de repousser pendant le traitement.

Ce qui est sûr, c’est qu’ils repoussent. Vous avez parfois la surprise de les voir revenir avec une texture différente, de façon temporaire ou parfois définitive.

Les effets sur les organes d’élimination, foie et rein :

Le rein est très sensible au cis-platine, et le médecin prescrit systématiquement des perfusions avec beaucoup de liquide pour augmenter l’élimination rénale. Le platine est administré en perfusion lente. Le méthotrexate à forte dose est lui aussi susceptible de provoquer une insuffisance rénale .

D’autres ont une toxicité axée sur la vessie : c’est le cyclophosphamide (Endoxan), qui entraîne des cystites hémorragiques. Il demande la même précaution d’hyperhydratation, avec en plus un antidote systématique qui va diminuer l’inflammation sur la vessie (l’uromitexan).

Il y a des risques d’hépatite avec beaucoup, mais plus souvent avec le méthotrexate.

Les troubles de la fertilité :

Chez la femme, il y a facilement des troubles des règles , mais souvent, la grossesse redevient possible plusieurs mois après le traitement.

Chez l’homme, les atteintes de la fabrication des spermatozoïdes sont plutôt définitives. Chez ceux susceptibles de souhaiter ensuite une paternité (surtout avec l’administration de chlorambucil ou de cis-platine), il est conseillé de pratiquer avant tout traitement un prélèvement de sperme avec conservation dans une banque de sperme, pour préserver cette possibilité. Ce sont les CECOS qui sont habilités à le conserver.

Les risques particuliers des alkylants :

La baisse des lymphocytes est plutôt durable.

Il y a des lésions cutanées, des fibroses du poumon.

Le chlorambucil :

Il provoque une stérilité très rapide.

La Caryolysine :

Elle est très caustique localement si l’intraveineuse est ratée et qu’elle passe à côté. En cas de  fuites , il faut infiltrer les tissus sous-cutanés avec un antidote, et appliquer des corticoïdes. Elle peut aussi, à fortes doses, faire monter le taux d’acide urique.

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Effets secondaires des anticancéreux - dernières actualités

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source : http://www.santelog.com/news/cancerologie/chimio-comprendre-la-molecule-transporteuse-pour-reduire-les-effets-secondaires_7821.htm
14/05/2012 L'Inserm travaille sur une morphine sans effets secondaires
[hopital.fr] Chacun connaît l'efficacité de la morphine dans la lutte contre la douleur. Mais chacun connaît aussi ses effets secondaires et la dépendance qu'elle crée. L'Inserm et une équipe américaine travaillent à l'élaboration d'une morphine qui garderait ses propriétés analgésiques (anti-douleur), mais serait dépourvue d'effets secondaires.
source : http://www.hopital.fr/Hopitaux/Actualites/Actualites-medicales/L-Inserm-travaille-sur-une-morphine-sans-effets-secondaires